L’organisation
Construire un plan d’aide : qui fait quoi dans la semaine
Un plan d’aide qui tient n’est pas celui qui couvre le plus d’heures, c’est celui dont personne ne sort épuisé au bout de six semaines. Cet article propose une méthode simple : partir des moments, pas des tâches, et nommer un responsable pour chacun.
Publié le 12 septembre 2026 · mis à jour le 12 septembre 2026 · temps de lecture : 5 min

La plupart des plans d’aide se construisent par liste de tâches : le ménage, les courses, la toilette. C’est logique, et c’est ce qui les rend fragiles. Une liste de tâches ne dit pas quand, et c’est toujours le quand qui casse.
La méthode inverse, qui fonctionne mieux, consiste à poser d’abord la semaine, moment par moment, puis à attribuer chaque moment à quelqu’un.
Étape 1 : poser les moments qui comptent
Sept jours, trois créneaux : matin, midi, soir. Vingt et une cases. La plupart n’ont besoin de personne, et c’est une bonne nouvelle qu’il faut se dire tout de suite.
On coche uniquement les moments où quelque chose doit se passer : le lever, un repas, une présence, des courses. À ce stade, on ne se demande pas qui le fait.
La grille interactive de la page maintien à domicile fait exactement cela, et permet d’envoyer le résultat sans le recopier.
Étape 2 : attribuer chaque moment
Quatre catégories d’intervenants possibles, et elles ne sont pas interchangeables.
| Qui | Ce qu’il peut prendre | Sa limite |
|---|---|---|
| La famille | N’importe quel moment, ponctuellement | L’usure. C’est la ressource qu’on surestime le plus |
| L’aide à domicile | Lever, repas, toilette non médicalisée, ménage, courses, présence | Aucun acte de soin, aucun médicament |
| Les soins | Pansements, injections, médicaments, toilette médicalisée | Sur prescription uniquement |
| L’entourage | Une visite, un appel, une course dépannage | Ne se planifie pas, et ne doit pas être compté comme acquis |
La règle qui évite les mauvaises surprises : ne jamais attribuer à l’aide à domicile un moment qui contient un acte de soin. Une auxiliaire de vie ne donne pas les médicaments, même posés à côté. Cette frontière est détaillée sur la page du métier.
Étape 3 : vérifier ce qui ne tient pas
Une fois la semaine remplie, quelques vérifications rapides évitent la plupart des effondrements.
- Le dimanche. C’est le trou le plus classique, parce que la famille s’y projette et n’y est pas toujours. Un dimanche non couvert est un dimanche à risque.
- Les vacances. Si un moment repose sur une seule personne, il n’est pas couvert : il est emprunté. Demandez-vous ce qui se passe la semaine où elle n’est pas là.
- La nuit. Si elle est déjà une préoccupation, elle doit figurer au plan dès la visite d’évaluation, pas s’ajouter ensuite. C’est expliqué sur la page présence de nuit.
- Le surdimensionnement. Un plan trop fourni au départ est refusé par la personne concernée, et il est plus difficile de retirer que d’ajouter.
Votre semaine est posée ?
Ce que devient ce plan, officiellement
Si une demande d’allocation personnalisée d’autonomie est engagée, c’est le professionnel de l’équipe médico-sociale du département qui construit le plan d’aide lors de sa visite au domicile (service-public). Votre semaine posée n’est donc pas le document final : c’est le meilleur appui pour la visite.
Elle sert aussi, directement, à demander un devis à une structure. Une demande qui dit « le lever du lundi au vendredi, et une présence le dimanche après-midi » obtient une réponse précise. Une demande qui dit « ma mère a besoin d’aide » n’en obtient aucune.
Et pour la partie qui reste à la charge du foyer, rappel utile : le crédit d’impôt s’élève à 50 % des dépenses supportées dans l’année, dans les conditions et les plafonds applicables (service-public). Le raisonnement complet est dans le détail des aides.
Sources rouvertes pour cette page (septembre 2026)
service-public, allocation personnalisée d’autonomie · service-public, crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile · code du travail, art. L. 7232-1 (relevées en septembre 2026)
Questions fréquentes
Les questions : réponses courtes
Combien d’heures faut-il prévoir ?
Aucun chiffre ne peut être donné depuis un site. Le volume se fixe avec la structure, et dans le cadre du plan d’aide construit par l’équipe médico-sociale quand une demande d’allocation est en cours.
Peut-on mélanger famille et professionnels ?
C’est le cas le plus fréquent, et c’est souvent le bon équilibre. La précaution est de ne pas compter la famille comme une ressource illimitée : un moment tenu par une seule personne n’est pas un moment couvert.
Faut-il tout mettre en place d’un coup ?
Non, et c’est généralement contre-productif. Commencer par les deux ou trois moments les plus critiques, puis étendre, se passe beaucoup mieux du point de vue de la personne aidée.
Qui coordonne tout cela ?
Personne automatiquement. Le médecin, l’infirmier et la structure d’aide interviennent séparément. Dans les faits, c’est souvent la famille qui fait le lien, et il vaut mieux le savoir dès le départ.
Mis à jour le 12 septembre 2026. Sources officielles rouvertes en septembre 2026.